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Mars 1793: Les combats de PORNIC


    Pornic constituait pour les insurgés, en mars 1793, un objectif intéressant: c'était un port républicain actif, faiblement défendu par deux canons, 550 gardes nationaux mal armés, quelques gendarmes et environ 200 volontaires républicains venus des communes voisines. C'était aussi un port stratégiquement bien placé, fort gênant pour les Vendéens qui venaient tout juste de s'emparer de Noirmoutier: le 18 mars, un petit commando pornicais avait débarqué de nuit dans l'île du Pilier et avait soustrait aux insurgés 500 livres de poudre après avoir rendu inutilisables les canons du fort.

L'attaque du 23 mars

    Depuis le début de l'insurrection des campagnes, Pornic manquait de blé. Le matin du samedi 23 mars, la ville se dégarnit de près de la moitié de l'effectif de sa garnison: il fallait aller prendre livraison aux Moutiers de 8 tonneaux de blé, alors que, tout près des Moutiers, Bourgneuf était aux mains des rebelles depuis le 12 mars. Le détachement, conduit par COUEFFE et le curé assermenté du Clion, ABLINE, emporta un canon servi par le matelot RELIQUET.
    Pendant ce temps, le marquis de la Roche-Saint-André quittait Machecoul à la tête d'une troupe de 3000 à 4000 Vendéens et se dirigeait vers Pornic. Son armée fut renforcée à Bourgneuf par les hommes de La Cathelinière. Au Clion, les insurgés se séparèrent en deux colonnes égales: l'une attaquerait Pornic par la route du Val St-Martin et la rue Tartifume, l'autre par la rive gauche du canal de Haute-Perche rejoindrait ensuite elle aussi la rue Tartifume en longeant l'hospice; à cette époque l'actuelle rue du Maréchal Foch n'était pas encore percée.
    A 15 heures, les assaillants, nombreux mais très faiblement armés, aboutirent donc à la place du Marchix où les Républicains s'étaient repliés avec leur unique canon. Les défenseurs de Pornic, commandés par BABAIN, luttèrent environ deux heures puis, débordés par le nombre, battirent en retraite vers Paimboeuf en se frayant courageusement un passage à la baïonnette à travers la masse des Vendéens, et en emportant leur précieux canon. Les insurgés, maîtres de la ville, se répartirent dans les maisons et se livrèrent au pillage habituel. Sept Pornicais furent alors, selon Carou, massacrés.
 
Reprise de la ville
    A la tombée de la nuit, la troupe qui était partie aux Moutiers revint. Mais elle avait appris en route la prise de Pornic et son effectif se réduisit rapidement à 72 hommes seulement. Ils entreprirent alors de reprendre la ville en profitant au maximum de l'effet de surprise. Les Vendéens, tout à leur victoire, n'avaient disposé aucune garde et nombreux étaient ceux qui chantaient dans les rues ou dans les caves...
    Surpris au milieu d'un couplet, un maréchal-ferrant de Sainte-Pazanne fut abattu rue de la Marine par l'un des Républicains. Le coup de feu signala aux insurgés le retour de la troupe qui longeait le port. Hissant leur canon près des arches du château, les Pornicais attaquèrent les Vendéens par la rue du Château et la rue de l'Église. Place du Marchix, la fusillade dura près de 3 heures. Les Républicains, bien dissimulés, n'étaient pas touchés. Enfin COUEFFE donna l'ordre à RELIQUET de tirer un coup de canon contre la masse des Vendéens.
    Le coup, tiré trop haut, ne fit ni morts ni blessés mais sema la panique chez les insurgés qui s'enfuirent en désordre par la rue Tartifume en abandonnant 216 morts sur le terrain. Les Pornicais firent, selon les sources, entre 50 et 300 prisonniers. Le lendemain, et le fait est important pour la suite des événements dans le Pays de Retz, ces derniers furent fusillés sur ordre de COUEFFE. Parmi eux, le jeune Joseph de FLAMENG, qui commandait la troupe de Bourgneuf. La veille, il s'était caché chez un boulanger qui n'avait pas hésité à le livrer.
    Rentré à Machecoul, désavoué pour son échec, le marquis de la Roche Saint-André n'eut que le temps de se réfugier à Bouin. CHARETTE le remplaça alors à la tête des Royalistes du Pays de Retz.


L'attaque du 27 mars

    CHARETTE désirait réussir là où son prédécesseur avait échoué. Quatre jours plus tard, il rejoignait LA CATHELINIERE à Bourgneuf et arrivait devant Pornic vers 11 heures du matin, à la tête de 2000 hommes divisés en quatre colonnes. L'une d'elles, occupant la rue de la Touche (l'actuelle rue de Verdun), coupait aux défenseurs la retraite vers Paimboeuf. Le gros des troupes vendéennes arrivait comme la première fois par la rue Tartifume, tandis qu'en face, la petite garnison de BABAIN était à nouveau concentrée sur la place du Marchix avec RELIQUET et son canon.
    Le combat dura plus de trois heures. Situé près de l'escalier Fouquet, RELIQUET tirait sur tout ce qui apparaissait rue Tartifume et contenait ainsi les forces adverses. Ses compagnons, bien placés aux fenêtres des étages, empêchaient tout débouché des insurgés par la rue de la Touche. CHARETTE, afin d'en finir, donna l'ordre d'incendier les toits de chaume.
    «Je ne trouvai que le feu qui pût faire sortir ces coquins de leurs cavernes» écrivit-il quelques heures plus tard à SOUCHU, resté à Machecoul.
    Les défenseurs durent alors quitter leurs fenêtres et battre en retraite par la rue de l'Église et la rue St-Gilles après avoir encloué leur pièce d'artillerie. Mais un nombre considérable de Vendéens leur barrait le passage près du calvaire. Ils rebroussèrent chemin et, remontant l'actuelle rue Clémenceau, atteignirent sans encombre le quartier du Bourg aux Moines puis la route de St-Michel afin de se réfugier ensuite, tard dans la nuit, à Paimboeuf.
    Le feu avait complètement brûlé 27 maisons et fortement endommagé une vingtaine d'autres. Après l'incendie, les vainqueurs pillèrent le reste de la ville. CHARETTE écrivit à SOUCHU : «Vous me trouverez peut-être sévère dans mes expéditions, mais vous savez comme moi que la nécessité est un devoir».
    Le soir même, il partait pour Machecoul, en emmenant avec lui une trentaine de prisonniers. Il laissait à Pornic un petit nombre de Vendéens qui occupèrent la ville pendant un mois encore, jusqu'à ce que la nouvelle de la reprise de Machecoul par le général BEYSSER les incitât à abandonner la place. Les Pornicais réfugiés à Paimboeuf revinrent alors dans leur ville et celle-ci ne subit plus, par la suite, aucun nouvel assaut des Royalistes.
    La bravoure des 72 Pornicais qui avaient repris la ville aux forces de LA ROCHE SAINT-ANDRÉ dans la soirée du 23 mars fut récompensée par un don des députés de la Convention: Pornic se vit attribuer un énorme drapeau de soie tricolore, sur lequel on pouvait lire:

«Garde Nationale de Pornic - Bravoure récompensée».

    Ce trophée a malheureusement disparu à la Restauration...

Classe de 4ème B - Collège Jean Mounès - Pornic

 


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