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Pays de Retz
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Le repassage des coiffes
Voici, au travers de deux articles de presse, un aperçu de cet art presque disparu:

    Premier article, avec Thérèse Herfray

    Le musée du Pays de Retz à Bourgneuf a fait revivre les anciens métiers. Il en est un, très attachant, celui de repasseuse de coiffes qui perdure grâce à Mme Herfray et aux nombreux groupes folkloriques de la région qui ont repris coiffes et costumes de leurs villages.

    Elle nous explique:
«Je fais partie d'un groupe folklorique de St Jean de Boiseau depuis plus de quarante ans et, à mes débuts, la femme qui était chargée de repasser les coiffes était âgée et ne pouvait plus faire ce travail à cause de ses rhumatismes. J'ai appris que M. Masson de La Sicaudais connaissait le repassage.
    Pendant trois ans j'ai appris auprès de lui les finesses de ce travail. Quand M. Masson est mort j'ai promis de continuer à apprendre aux autres le repassage. Tous les ans je fais deux stages de dix à quinze personnes, pas plus. Des gens viennent de toute la France, Paris, Marseille, Orléans et croyez-moi je n'ai pas besoin de publicité pour remplir mes cours. Il y a même des hommes qui réussissent très bien!
    La difficulté, pour les coiffes du Pays de Retz, les vendéennes et celles du Pays Nantais, est le «paillage à coeur». On monte la coiffe avec une paille dessus et une paille dessous et avec ses ongles on travaille le plissé jusqu'à la diagonale de la coiffe. Une fois le paillage terminé on repasse la coiffe avec une pattemouille, toujours à l'envers. Ensuite on la met en forme et enfin on la coud. Pour faire une coiffe de mariée, il faut huit heures de travail. Pour une petite coiffe du Pays de Retz, trois heures à cinq heures si tout va bien et s'il pleut il faut la refaire. De toute façon tous les ans. comme elle jaunit à l'air, il faut recommencer.»
    Louis Gautier, dans son histoire de La Bernerie, écrivait en 1912, que les belles coiffes «portant ses ailes de lin et ses échafaudages de dentelles» avaient disparu à jamais depuis quarante ans. 125 ans après, l'art du repassage des coiffes a encore de beaux jours devant lui.

    Deuxième article, avec Laurence Boizier

    Raviver la mémoire du terroir, tel est le pari de ce musée, que nous visitons en compagnie de Laurence Boizier, stagiaire.
    Les mannequins du musée costumés et coiffés à l'ancienne nous montrent à quel point, la coiffe avait son importance. Aujourd'hui, le chapeau retrouve une certaine modernité mais antan, il n'était pas question pour une femme de sortir tête nue. " Le port de la coiffe est presque un mythe pour tous les visiteurs dont certains se souviennent de leur grand-mère" explique Laurence Boizier.
    Objet de souvenir et de collection, la coiffe émerveille. Laurence Boizier suit depuis l'âge de 11 ans des stages de repassage de coiffes, tout un art. Entre l'amidonnage, le paillage et la broderie, Laurence en sait beaucoup grâce à des maîtres en la matière. Paul Masson, un des fondateurs du musée et auteur de la bible de la lingère, " La dormeuse " et Thérèse Herfray.
    Depuis son plus jeune âge, Laurence brodait et cousait et c'est donc tout naturellement qu'elle s'est intéressée aux techniques de repassage de coiffes:
"J'appartiens au cercle celtique de Malville. L'univers celte et breton est à conserver, La coiffe fait partie de ce retour aux racines »...
    Une vitrine contient une quarantaine de coiffes du pays de Retz. La diversité est de mise. Chaque paroisse avait sa coiffe. Une marque de reconnaissance en somme.
    D'ailleurs, une femme qui se mariait avec un homme d'une paroisse gardait sa coiffe d'origine et la donnait à repasser dans sa paroisse. A partir de 1850, le tulle de coton remplace l'étamine. La broderie sur le tulle était signe extérieur de richesse. Plus il y en avait, plus la dame était riche. Parfois un ruban entourait la coiffe. Sa longueur marquait la richesse.
    La coiffe se constitue de plusieurs éléments selon les paroisses et selon la circonstance, un deuil, un mariage... La passe sur le devant de la coiffe et le corps de la coiffe. La femme avait plusieurs coiffes à sa disposition et si elle travaillait, elle portait un bonnet de travail, version simplifié de la coiffe.

    Une fois taillé, le tulle est amidonné. Un amidon en cristaux auquel on ajoute de la gomme arabique, du bleu à linge pour garder le linge blanc et de la paraffine pour faire glisser le fer. Chauffée, cette mixture devient translucide et bleutée.
    L'amidon sent bon le tissu neuf et c'est d'ailleurs efficace pour avoir la peau douce souligne Laurence.
    Des plis symétriques:
    Une fois recouverte d'amidon, la coiffe est dure et on passe le fer juste au-dessus du tissu. Sur une planche, la coiffe est étalée. Les pailles, tiges en inox servent à former les plis.
    La coiffe est paillée de façon symétrique aussi, le morceau de tissu est plié en deux. A l'aide d'épingles, la première paille est fixée et les autres se suivent dessus et dessous le tissu. Cette étape est tactile et les ongles sont quasiment obligatoires. Il faut bien serrer les pailles entre elles et faire la même chose dans le sens de la trame du fil pour avoir des plis symétriques de chaque côté.
    Un coup de fer avec une pattemouille; puis la coiffe prend sa forme en séchant. I1 ne reste plus qu'à retirer les pailles. «Lors des premiers stages, séparer la double épaisseur est très difficile car le tissu peut se déchirer».
    Une fois mise en forme sur un frac, modèle de coiffe en carton, il n'y a plus qu'à se la mettre sur la tête L'eau était l'ennemi de la coiffe. Mouillée, elle perdait sa forme et la lingère devait recommencer son travail. Une époque dont se souvient Marie-Anne, en visite au musée: « Ma grand-mère était de Fay-de-Bretagne et je l'ai toujours vue coiffée, jusqu'à sa mort dans les années 50, elle était comme cela ».

Comment repasser une coiffe...

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